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COVID-19 : des réseaux d’organisations syndicales volent au secours des travailleurs migrants

Réseaux syndicaux inter-régionaux de la CSI sur la migration en Afrique, Amérique et Europe : Déclaration


Les organisations actives au sein des réseaux syndicaux inter-régionaux de la CSI, coopérant pour organiser les travailleurs et travailleuses migrant-e-s en Afrique, en Amérique et en Europe, réunies à l’occasion des deux ateliers virtuels organisés par la CSI les 9 et 16 novembre 2020 :

· Constatent que les travailleurs et travailleuses migrant-e-s et leurs familles sont touchés de plein fouet par la crise sanitaire, économique et sociale majeure engendrée par la pandémie.


· Rappellent que la situation des migrants est indissociable de celle des nationaux, que les abus, les violations et l’exploitation dont sont victimes les travailleurs étrangers influent directement sur les conditions de vie et de travail de tous les travailleurs.


· Condamnent l’échec de nombreux gouvernements à respecter leurs obligations en matière de droits humains pour permettre aux réfugiés de demander et accéder à l’asile dans le pays de leur choix, et engendre leur concentration dans des camps de détention inhumains et dangereux.


· Déplorent la prolifération des discours haineux et la banalisation de toutes les formes de discrimination, de racisme et de xénophobie au sein des sociétés, face à la désinformation et aux manipulations politiciennes pour les questions de la migration et des réfugiés.


· Conscient que le déni des droits des demandeurs d’asile et plus largement des travailleurs migrants ne profite qu’aux employeurs sans scrupules, permet l’abus de tous les droits des travailleurs, entraîne la division entre les travailleurs et la réduction des conditions de travail et des salaires de tous.



Les organisations syndicales demandent aux gouvernements de :


· Ratifier et faire respecter les conventions et protocoles internationaux et régionaux pertinents, la Convention sur la protection des droits de tous les travailleurs et des membres de leur famille de 1990, ainsi que la convention 143 de l'OIT sur les travailleurs migrants, la convention 97 de l'OIT sur les migrations pour l'emploi et la convention 144 du Conseil de l'Europe sur la participation des étrangers à la vie publique au niveau local.

· Fournir la protection légale aux réfugiés et demandeurs d’asile et veiller à ce qu'ils ne soient pas renvoyés dans un pays où ils sont confrontés à des menaces sérieuses à leur vie ou liberté.

· Augmenter considérablement la sécurité et la réglementation des voies d'accès pour les demandeurs d'asile, y compris la mise-en-place des corridors humanitaires.

· Arrêter la criminalisation de la solidarité et assurer l’assistance aux migrants et aux réfugiés.

· Réduire les risques de franchissement irrégulier des frontières en facilitant la circulation des personnes et renoncer définitivement à toute forme de sous-traitance de la gestion des visas à des agences privées.

· Accorder aux demandeurs d'asile le droit de travailler dans tous les États et veiller à ce que les employeurs négocient collectivement avec les syndicats afin de garantir aux demandeurs d'asile un traitement décent.

· Séparer les droits en matière d'emploi et le statut d'immigration pour que tous les sans-papiers puissent faire valoir leurs droits aux soins de santé, à la sécurité sociale, à l'emploi, et à la représentation syndicale.

· Multiplier et simplifier les voies de régularisation pour lutter contre le travail forcé et l’exclusion sociale tout en réduisant les effets de l’offre à la baisse « dumping social » .

· Coopérer avec les partenaires sociaux pour lutter contre les causes structurelles de la migration forcée entre les pays.

· Investir dans les emplois éco-responsables et coopérer avec les partenaires sociaux pour s'assurer qu'il s'agit d'emplois décents qui paient un salaire décent.

· Assurer un financement adéquat des services publics et de l'aide sociale.

· Faire de la bonne gouvernance le socle de la coopération internationale et principal levier pour le traitement des causes profondes de la migration.

· Promouvoir l’agenda du recrutement équitable et du travail décent pour tous en mettant le dialogue social au cœur de l’élaboration et du suivi des politiques migratoires.


Les membres des réseaux de la CSI s’engagent à soutenir toutes les activités des syndicats visant à l’organisation des migrants quel que soit leur statut, en collaboration avec les acteurs clés de la société civile sur la base de partenariats stratégiques et de la convergence des mouvements.


Le 16 novembre 2020

Déclaration finale ITUC_FR (FINAL) (1)
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